Mémoire de peau
Création collective par la technique du moulage
Artiste associée
Golnaz Payani, plasticienne
Intervention en 2024.
Etablissement partenaire : Résidence du Rouvray à Boulogne-Billancourt
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Tout au long des ateliers, les participants réalisent des moulages de leur peau, de ses creux et reliefs, de leurs mains, ou s’ils le souhaitent d’une partie de leur visage. Ainsi, l’intervenante invite chacun à réfléchir à cette enveloppe fragile qui constitue également la barrière la plus solide entre soi et la société, entre l’intérieur et l’extérieur, entre la lumière et l’obscurité. Le projet intégrera également une autre forme d’expression : une écriture textuelle et narrative, d’où découleront des mots, des tracés, des récits et fragments, qui seront ensuite brodés sur des tissus récupérés auprès des participants eux-mêmes. À l’issue des ateliers, les productions pourront être exposées en milieu hospitalier, au sein d’un dispositif de médiation éclairant les intentions de chacun dans leur démarche créative.
Avec le soutien de la Fondation Les Gueules Cassées – UBFT (2024) et de la Fondation Julienne Dumeste (2024).
Note d’intention de Golnaz Payani
Artiste pluridisciplinaire, mon parcours prend racine dans le thème de la disparition, en explorant la trace, la mémoire et sa perception. Née à Téhéran en 1986, pendant la guerre Iran-Irak, la question de la trace et de la reconstruction sur des ruines, sur des absences, a profondément marqué mon imaginaire.
Au fil de mes recherches, la mémoire est devenue un axe central de mon travail : mémoire collective, mais aussi mémoire corporelle. Les souvenirs laissent des traces, visibles ou invisibles, en nous, sur notre peau, dans notre posture, dans notre manière de bouger ou de nous taire.
La texture de la peau, ses lignes, ses plis, ses creux, m’apparaît comme une forme d’écriture silencieuse, une cartographie intime de vies traversées. Chaque ride, chaque aspérité semble chargées d’un moment, d’un souvenir, d’une histoire. C’est dans cette perspective que j’ai menée des séances dans plusieurs EHPAD, au cours desquelles j’ai réalisé des moulages de fragments de corps de résidents.
Ce projet invite à revenir au corps et à la peau, considérés comme la source première et la base des lignes qui construisent la vie, là où se dessinent nos expériences, nos émotions et nos récits intimes. Par cette démarche, Mémoire de peau célèbre la richesse invisible de nos traces corporelles, véritables archives vivantes de notre existence.






