Julien Biget & Margaux Liénard

Margaux Liénard et Julien Biget s’emmêlent et s’entremêlent de tout. Violon, guitare, hardanger d’amore, bouzouki et banjo, certains diraient même qu’ils touchent à tout. Et pourtant, à part un ou deux airs bulgares, un blues du Bayou, une polska suédoise, et un chant Calypso d’on ne sait où, ils n’en démêleront peut-être pas beaucoup ! En assemblant répertoire traditionnel et compositions sur mesure ils nous livrent un programme aussi réjouissant que surprenant. Dans l’intimité polyphonique de ce duo, les voix se mêlent, les cordes en pincent, et l’archet s’y frotte.

Margaux Liénard 

Passionnée des « musiques vivantes » et improvisatrice puisant son inspiration dans les musiques traditionnelles d’Europe nord-occidentale (Irlande, suède, centre france…) elle s’intéresse toutefois à d’autres musiques plus orientales et développe ainsi un jeu de violon très personnel qu’elle met au service de projets tout aussi métissés… De la musique tibétaine avec Résonance d’exil(s) aux musiques anatoliennes avec Zeyli Neyli, en passant par le blues irlando-bulgare avec Belledonne et un retour aux racines irlandaises avec Ramble Ditties, tous sont des projets forts musicalement et humainement…

Son parcours l’a amenée à des expériences variées, entres autres plusieurs créations avec la conteuse Sandrine Gniady, l’accompagnement du chanteur Vincent Brusel, des « Histoires de violons » avec Christophe Declercq, la participation au projet Du Haut des Bars, un concert qui réunit autour de la cornemuse de Fabien Dubarre dix musiciens du Nord de la France…

De 2008 à 2015, elle enseigne le violon traditionnel au centre de Formation Cric Crac compagnie à Villeneuve d’ascq (59), à l’école de musique Mélodie d’Hautmont (59) et à l’école de musique Mélodie de Champtoceaux (49). Elle anime aussi des ateliers de manière ponctuelle dans les écoles et des stages.

Julien Biget

Musicien autodidacte, ce Lillois vit ses premiers émois musicaux à l’écoute des griots du Mississippi, dont il emprunte souvent le jeu de guitare, Leadbelly, Blind Willie Mac Tell ou Robert Johnson sont alors ses maîtres. En 1995, il fonde le Mojo Band en compagnie de l’harmoniciste Xavier Laune. Le groupe revisitera pendant une dizaine d’années un répertoire blues et folk sur de nombreuses scènes hexagonales, et réalisera en 2001 un album remarqué intitulé « File Under Blues ». La découverte et la pratique de cette culture américaine empruntée impriment en Julien Biget un style et une esthétique particulière qu’il ne reniera jamais. L’apprentissage du chant, de la guitare, du banjo, du bouzouki, de la mandoline et de l’accordéon cajun, fera de lui un multi instrumentiste polyvalent. En marge de ses amours américains, il succombe rapidement au charme de la tradition vocale et instrumentale d’outre-Manche. Un premier voyage en Irlande en 1999, où il découvre les « sessions », et il se passionne pour cette musique festive et mélancolique à la fois. En 2000, il fonde le groupe Distant Shores en compagnie du graphiste mandoliniste Jef Aérosol Perroy, et du violoniste Gabriel Lenoir. Ensemble l’aventure irlandaise leur fera jouer dans de nombreux festival trad. et aussi hors frontières, à Chicago et à Singapour. Il rencontre aussi l’accordéoniste Serge Desaunay et le violoniste Irlandais Kieran Fahy. Ensemble, ils enregistrent sous le nom de Valerio l’album « The Humours Of Altan », entre musique irlandaise et compositions. En rejoignant Fabien Dubarre, Caroline Aïello et Christophe Declercq il intègre le groupe Mouchafou. Plus récemment, il enregistre pour Bémol Prod. un album consacré à la musique Wallonne. Le groupe Havelange ira se produire au Festival Memphis in May dans le Tennessee, et au festival Es Trad à Québec. Fort de ces nombreuses expériences et d’un certain savoir faire, Julien Biget se fait un nom dans le milieu professionnel qui fait appel à lui de plus en plus régulièrement. Ainsi il collabore avec entre autres Didier François, Eric Montbel, la Cie du Tire-Laine, Swing Gadgé, Fillippo Gambetta, Jean Michel Veillon…

Au début des années 2000, il rencontre son idole de toujours, Gabriel Yacoub, leader charismatique du groupe Malicorne, artiste incontournable d’une certaine scène chanson, dite underground. Gabriel initie Julien à l’art de la production, et ils réalisent ensemble plusieurs albums pour son label « Le Roseau ». La liste des artistes est longue : Bastien Lucas, La Cie Montanaro, Yohan Delvarre… Commence aussi l’aventure avec « La Bergère » trio avec Sylvie Berger et Emmanuel Pariselle. Gabriel Yacoub écrit, compose et réalise deux albums pour eux, dont « Ouvarosa », encensé par la presse de l’époque. Julien y assure les guitares et les arrangements. Il réalise en 2013, « Étreintes » le troisième album de La Bergère. Ainsi, on l’entend déjà sur un certain nombre d’albums, tantôt guitariste, tantôt arrangeur, tantôt réalisateur, et plus récemment en chanteur. A peine revenu de son rêve américain, hanté de blues et de folksongs, Julien Biget s’invente une réalité d’auteur compositeur en livrant, dans sa langue natale, une collection de chansons introspectives originales, soignées et sensibles. Pour comparaison, on lui offre parfois Daniel Lanois, Piers Faccini, ou encore Gabriel Yacoub. Il réalise lui-même en 2011 « Le Premier Pas », un cinq titres prometteur, où il fait résonner guitare, slide, mandoline, mellotron et autres sonorités vintage comme pour mieux porter une voix intense, inattendue.