Frous-frous

Frous-Frous, Petit Cabaret de Bonnes Femmes, a été créé en 2004, en réponse à une commande de l’association Tournesol, Artistes à l’Hôpital, soutenue par la DRAC Ile-de-France et le Ministère de la Culture. La commande était précise : pas de textes contemporains, et beaucoup d’humour pour égayer le quotidien des personnes adultes hospitalisées.

Frous-Frous est né, en partie, de cette contrainte textuelle, devenue une force. Les textes de ces trois auteurs (Gros Chagrins, Un Mot pour un Autre, Le Gora et un extrait des Précieuses Ridicules), quasi intemporels, vrais bijoux de vaudeville et de comédie dans la situation comme dans l’écriture, critiques et subversifs notamment à l’égard des femmes, sont une source inépuisable de dramaturgie, de jeu d’acteur et de décalage potentiel.
Frous-Frous est un véritable cabaret de poche d’une heure, composé de chansons et de saynètes courtes, dont les quatre comédiens et le pianiste sont le principal élément de décor. L’adaptation de Frous-Frous hors des murs de l’hôpital a vu le jour en Février 2011 au Kibélé à Paris.
Quatuor de comédien(ne)s-chanteurs moderne et farfelu, nous voulions nous plonger dans l’univers du cabaret années 30, lui rendre hommage (avec Cabaret de Bob Fosse pour référence commune) mais dans le but de totalement le détourner.

Malgré cela il était important pour nous de travailler dans le souci du détail, afin de soigner à l’extrême l’esthétique et les performances scéniques (maquillage, costumes, numéros de chant et même…grand écart !). Tous les membres de la troupe pratiquent la danse et le chant. Ce qui nous intéresse : jouer sur le hiatus classique/contemporain auquel nous confronte cette contrainte de création « d’époque » par rapport à notre humour moderne.

Ce décalage, ce regard du XXIe siècle rend tout possible. Et si Liza Minelli cassait son talon ?
Et si une zoulette débarquait au milieu d’une chanson de Fernandel… que se passerait-il ? Et si les actrices sur scène trouvaient la chanson Frous-Frous extrêmement macho ?
Frous-Frous c’est aussi l’envie d’apporter un regard moderne sur les femmes et de montrer ce qui vibre derrière leur image parfaite, leurs codes gestuels et leurs silhouettes aguicheuses de femmes fatales. Aller chercher la comique et croustillante vérité de ces personnages derrière les stéréotypes, à l’instar de la comédie Le Bal des Actrices de Maïwenn qui révèle la part très humaine, des stars du cinéma français.

Ce qui fait rire, c’est l’explosion du «carcan» dans lequel sont engoncées les femmes chez Courteline, Tardieu ou Molière. Quand tout lâche enfin.
Les fabuleuses chansons grivoises et néanmoins subversives de l’entre-deux-guerres que nous avons choisies vont dans ce sens, comme dans le Tango des Stupéfiants, où une «desperate housewife» très bourgeoise craque et se « pique à l’eau de Javel » après que son amant l’ait quittée.
Pour jouer ainsi sur les failles des personnages, nous avons conçu le spectacle et construit son humour à partir de dérapages scéniques.
Frous-Frous, c’est comme un spectacle pas encore rodé où tout peut arriver : trous de texte, retards, erreurs de régie, rivalités entre actrices…

Nous jouons sur « l’envers du décor » et sur toutes ces situations et « mises en danger » que nous connaissons, en tant qu’acteurs, et qui rendent une expérience scénique résolument vivante et unique.
L’esthétique années 30, l’union des textes et chansons du patrimoine culturel classique français associé à l’énergie et à l’humour résolument « XXIe siècle » que nous y avons insufflé permet à Frous-Frous de réunir un public intergénérationnel.

Tout le monde devrait pouvoir FROUFROUTER au moins une fois dans sa vie !